CAMEROUN : INFRASTRUCTURES ! JUSQU’À QUAND LE PAYS DÉPENDRA T’IL DES PERFUSIONS EXTÉRIEURES ?

La problématique centrale demeure l’inadéquation criante entre le potentiel macroéconomique du Cameroun et sa dépendance financière. Où vont réellement les ressources colossales issues de l’exploitation de nos richesses ? Pétrole, bois précieux, or, minerais divers, bassin hydrographique incroyable et potentiel agricole exceptionnel ? Le sous-sol et les terres du Cameroun génèrent chaque année des flux financiers considérables. Pourtant, pour bitumer à peine 47 kilomètres de route et ériger un mini pont, le pays doit s’en remettre à la bienveillance de prêteurs extérieurs, alourdissant un peu plus la dette souveraine des générations futures. Cette situation met en lumière un paradoxe insoutenable. D’un côté, un pays doté d’une formidable armature de leviers économiques et fiscaux, de l’autre, une gouvernance financière qui semble incapable de mobiliser, sécuriser et réorienter ces flux internes vers les grands chantiers structurants.

Le sursaut de souveraineté économique peut-il se faire avec les politiques actuelles ?

L’objectif d’émergence en 2035 prononcé dans les discours par les autorités politiques camerounaises ne se décrète pas à coups de communiqués de presse partenariaux. Il se conquiert par la maîtrise totale de la chaîne de valeur des ressources du pays et par une rigueur implacable dans la collecte et l’affectation des deniers publics. Si la réfection de la Nationale N°3 est une bouffée d’oxygène pour le trafic, elle doit surtout sonner comme un électrochoc. Les politiques de développement définies et entretenues par les dirigeants actuels qui semblent être dépassés par les réalités géopolitiques et géostratégiques africaines et du monde actuel tel qu’il bouge aujourd’hui, peuvent ils encore apporter de réels résultats après tant d’echecs ? Peut-on aisément faire des évaluations pertinentes des infrastructures routières et sportives en cours de construction depuis toujours et jamais inachevés ?

Il est grand temps de repenser le modèle de développement du Cameroun en s’appuyant d’abord sur ses propres forces vives, ses PME locales, et une exploitation transparente de ses immenses richesses. La véritable indépendance passe par la fin des perfusions financières extérieures qui n’ont rien apporté de concret depuis la période des indépendances jusqu’à nos jours. Le changement de paradigme s’impose pour un pays d’Afrique francophone qui veut réellement se développer.

Éric Moïse NKOUANDOU MOUNTOUMNJOU

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